Un texte d’ Evan Placey mis en scène Guillaume Doucet.

Présentation :

Pronom est un texte de l’auteur britannique Evan Placey, spécialisé dans le théâtre à destination des adolescents. La pièce raconte une histoire d’amour entre deux lycéens, dont l’un des deux, Dean, est né dans un corps de fille mais s’est toujours senti garçon, et vient de prendre la décision de commencer une transition pour changer de genre aux yeux de tous. Elle a eu un fort retentissement au Royaume-Uni, rencontrant un vif succès auprès des adolescents comme des adultes, par son sujet mais aussi par le traitement inventif et intelligent qui en est fait, la qualité des dialogues et l’humour qui traverse toute la pièce. Cette nouvelle création du groupe vertigo met en scène une équipe de jeunes acteurs. Elle s’inscrit à la fois dans la suite du travail de la compagnie sur le théâtre britannique contemporain et la comédie, dans une démarche politique bienveillante, et dans l’exploration d’un rapport particulier à la jeunesse. En janvier 2017, le National Geographic, sort un numéro autour du genre, avec comme très belle photo de couverture un.e adolescent.e transgenre (voir ci-dessus). Alors qu’en France le même numéro, avec le même contenu traduit de l’anglais, est sorti, avec comme couverture, une photo d’une ville russe (sujet du 2e dossier du magazine). Cette censure de la couverture originale est particulièrement représentative du chemin qu’il reste à faire ici. Cette photographie que nous trouvons magnifique ayant été cachée en France, nous avons décidé de reprendre l’image, et d’en faire le visuel de notre projet. Le choix est à la fois symbolique et esthétique.

L’histoire :

’’Pronom ’’est une histoire d’amour entre deux jeunes lycéens, dont l’un.e vient de décider de changer de genre. La pièce raconte le parcours chaotique et particulier de ce couple, Josh et Dean, et de leur groupe d’amis. La narration se déploie dans des lieux et des situations qui s’enchaînent rapidement : on passe facilement d’une chambre d’ados à un festival de rock à une opération de sauvetage dans les toilettes d’un bar de nuit. On suit deux parcours : Celui de Josh qui essaye de se débrouiller avec la décision radicale de sa copine de devenir un garçon, alors que lui est amoureux mais “pas gay”. Et celui de Dean, pris entre relations amicales, attaches familiales, cabinet médicaux, équipe pédagogique du lycée et conseils avisés de son parrain spirituel : un poster de James Dean dans sa chambre avec qui il discute régulièrement de manière très cash. En parallèle se développent les histoires et les points de vue de la bande d’amis dont ils font partie. Le tout à un rythme effréné, alors que les vannes et les résolutions fusent dans tous les sens. La forme La pièce est courte (1h35), incisive, le rythme est enlevé et on passe sans arrêt d’un lieu à un autre. Cette forme compacte est particulièrement agréable à partitionner, et à recevoir pour les plus jeunes adolescents. Bien que le sujet soit puissant et les questions d’identité profonde, Evan Placey a tenu à passer par la comédie et une certaine légèreté. C’est pour nous une des grandes forces du texte. Nous sommes presque là dans une comédie romantique, même si elle est tout sauf niaise. Evan Placey, dans sa préface, raconte ce choix de passer par la comédie romantique et par l’identification pour traiter d’un sujet délicat. Un choix avec lequel nous sommes particulièrement en accord. Politiquement et théâtralement nous préférons passer par une pièce séduisante qui provoque l’empathie, par une histoire forte et du sensible, plutôt que par du discours. (source : http://www.legroupevertigo.net/2017/09/pronom.html...

Ci-dessous les impressions et mots des élèves de 4 G juste après la pièce :

J’ai aimé :

la pièce. Ce n’est pas une histoire que l’on n’a l’habitude d’entendre. Le sujet est intéressant. On n’en parle pas beaucoup dans la vie de tous les jours. C’est une pièce qu’on ne peut pas voir tous les jours. J’ai aimé le scénario, l’histoire, la mise en scène, le décor, quand le garçon portait la robe de marié, le jeu des acteurs, le moment où ils se battent, la musique, l’explication du « tolérance »

Je n’ai pas aimé :

être à l’arrière de la salle parce que je ne voyais pas et je n’entendais pas bien, les applaudissements trop forts des autres spectateurs, le départ avant la fin de la pièce car j’étais vraiment dans l’histoire, quand Dean devait porter une jupe pour le mariage, les deux personnages Josh et Amy que j’ai trouvé méchants.

J’ai compris :

Qui étaient les personnages, le début de la pièce ; que Dean , le personnage principal est une fille qui n’est pas bien dans sa peau, elle se sent garçon et a décidé de changer de sexe et de devenir un garçon ; qu’une fille qui pense comme un gars veut se faire retirer la poitrine ; que les autres personnages de l’histoire étaient troublés par la décision de Deam, qu’ils n’acceptaient pas trop sa décision. Que le travail des comédiens est dur !

Je n’ai pas compris :

la totalité de l’histoire, le rôle de tous les personnages ; l’histoire, quand les personnages criaient trop fort ; pourquoi la fille se faisait des piqûres ; la réaction des parents.

J’ai été étonné :

par la réaction des gens face au changement de sexe. La taille de la grosse seringue !!!

En effet, le passage d’une identité sexuelle à l’autre passe par un lourd protocole médical et notamment souvent des injections d’hormones pour aider le corps a évoluer vers les caractéristiques physiques du sexe opposé.


- Ci-dessous un extrait du discours que Dean déclame devant les élèves de son lycée, ses professeurs et des inspecteurs académiques et qui exprime son besoin profond de reconnaissance sociale et d’existence identitaire en tant que transgenre.

« La tolérance c’est le mot le plus vide du dictionnaire…Je ne veux pas être toléré, je veux être envié, je veux être admiré, je veux être aimé. Aimez-moi ! Et si c’est trop demander, alors détestez-moi, parce que tolérance ça veut dire que dalle. »

Extrait de la pièce

pronom